Journée Africaine de la détention préventive, le BRP/CNDH- Sud-Kivu dresse un tableau sombre dans les prisons.

Dans le but de sensibiliser sur le sort tragique des 1098 personnes détenues sans procès dans la prison centrale de Bukavu, le Bureau de représentation provinciale de la CNDH a effectué une visite à l'occasion de la journée africaine de la détention provisoire célébrée le 25 avril de chaque année.

Cette visite dirigée par Monsieur BENGEHYA WA NGWABO, le Coordonnateur provincial de la CNDH Sud-Kivu a connu la participation du chef de section judiciaire du parquet de grande instance de Bukavu.

Pourtant construite pour 500 personnes, cette prison compte ce jour (25 avril) une population carcérale de 1661 détenus dont 41 femmes et 61 mineurs parmi lesquels 1 fille. Les détenus provisoires dont nombreux pour de longues périodes, représentent 66,10 % de cette population.

Une prison mixte avec deux greffes; militaire (767 détenus dont 68,3℅ de prévenus)et civil (834 détenus dont seuls 258 condamnés). Les détenus aussi bien civils que militaires, condamnés que prévenus, partagent la même cour et confondus dans les mêmes cellules.
4 mineurs ont été identifiés dans la cour centrale des adultes.

67,4℅ des mineurs sont en placement provisoire. Cependant, un enfant de moins de 14 ans et un adulte de 26 ans ont été identiés au quartier pour enfants.

Les conditions de tous les détenus demeurent déplorables.
Pas de nourriture depuis deux jours après épuisement du stock de trois jours fourni par la Mairie de Bukavu.
Le gouvernement provincial fournit mensuellement la nourriture d'une valeur avoisinant 1000$ mais cela ne couvre que 5 à 7 jours d'alimentation.
Le gouvernement central à qui revient légalement la charge de nourrir les détenus n'a pas débloqué les fonds attendus au premier trimestre pour l'alimentation des détenus.

La situation est particulièrement tragique en cette période où les visites sont interdites en raison de la prévention de la propagation du Covid-19.

Un centre médical, avec un personnel de 17 employés dont 9 médecins, n'est pas pris en charge par la zone de santé du ressort pour des raisons inconnues.
La majorité de ce personnel est NU.

Les conditions de travail des greffiers, agents sociaux, surveillants et personnel médical sont précaires. Le personnel dont une grande partie est soit non payé soit NU, n'est pas motivé.

Le Bureau de représentation provincial de la CNDH demande aux autorités, chacune en ce qui la concerne de veiller aux conditions des personnes dans cette prison et dans d'autres disséminées à travers la province du Sud-Kivu.