Journée Internationale des droits de l’homme : Le Président de la CNDH juge la situation des Droits de l'Homme moins satisfaisante en RDC (interview).

La communauté internationale a célébré Jeudi 10 Décembre 2020, la journée dédiée à la déclaration universelle des droits de l’homme adoptée par les Nations-Unies depuis 1948. Cette édition a porté sur le thème : ” Reconstruire en mieux et défendons les droits de l’homme en RDC.

 Dans une interview accordée à la presse à cette occasion, le Président de la Commission nationale des droits de l’homme a d’emblée souligné que cette journée représente l’engagement des États à respecter les droits de l’homme. Donc les États se sont engagés à respecter et à faire respecter les droits de l’homme. Cela veut dire que lorsque l’État s’engage, il a l’obligation de faire respecter les droits de l’homme. “Nous célébrons donc cet engagement pris depuis le 10 Décembre 1948. La déclaration universelle des droits de l’homme n’est pas restée une simple déclaration, elle devient un instrument contraignant incorporé dans les différents instruments internationaux des droits de l’homme et même les constitutions. A titre d’exemple, dans nos préambules et exposés de motif des instruments nationaux, les États affirment leur volonté d’attachement à la déclaration universelle des droits de l’homme.

 Concernant la situation des droits de l’homme en République Démocratique du Congo, le Président de la Commission nationale des droits de l’homme la juge moins satisfaisante.

“La situation des droits de l’homme en RDC est préoccupante. Et pour comprendre ça, c’est à partir de chaque catégorie de droit. Lorsqu’on parle des droits civils et politiques, il suffit de passer dans des amigos, de traverser certaines avenues et voir comment les arrestations arbitraires s’opèrent. Vous allez voir des détentions illégales. Et par rapport au procès équitable, vous trouverez des gens qui traînent encore dans des prisons bien qu’ayant été acquittés. Il y a des gens dans des prisons sans dossiers depuis 5 à 10 ans. Nous sommes donc dans une situation dangereuse par rapport aux droits civils et politiques”, a-t-il signifié.

 Sur le plan des droits économiques et sociaux culturels, là encore, Mwamba Mishinkonke trouve à redire. “Sur le plan social on voit la pauvreté, des crises sanitaires, insuffisance dans l’accès à l’eau potable. Concernant l’éducation néanmoins, Mwamba Mishinkonke estime qu’il y a eu la volonté manifeste du Chef de l’État de mettre en œuvre la gratuité de l’éducation mais seulement, cette gratuité ne remplit pas toutes les conditions, a-t-il souligné. ” Il n’y a pas de gratuité sans bâtiment, sans de nouveaux enseignants, pour absorber la surpopulation scolaire occasionnée par l’effet de la gratuité”, laisse entendre Mwamba Mishinkonke.

Sur le plan des logements sociaux, beaucoup reste encore à faire, fait remarquer le président de la CNDH. Sur le plan de la santé de la population, il y a encore des problèmes, notamment en termes des hôpitaux et des centres de santé, estime-t-il.

La situation sécuritaire au pays et surtout dans l’Est du pays continue à se poser, note également le numéro 1 de la CNDH.

Interrogé sur les actions qu’entreprend son institution pour endiguer la situation qu’il juge préoccupante, Muamba Mishinkonke évoque les multiples rapports d’enquêtes élaborés et des panoplies des recommandations y afférentes.

” C’est pour cette raison que nous publions nos rapports, nous menons nos enquêtes, nous adressons ces rapports et des recommandations aux autorités, parce que la CNDH n’a pas reçu mandat de résoudre les problèmes des droits de l’homme. Mais elle a le mandat de contribuer à l’amélioration de la situation des droits de l’homme au pays. Et pour y contribuer, il faut à tout prix faire des enquêtes, publier des rapports. Nous constatons que par rapport à nos recommandations, on a eu satisfaction mais à l’échelle de 30 pourcents. Par exemple, avec la visite des prisons, on a vu l’implication des autorités qui se sont démenées pour désengorger les prisons”, a laissé entendre Mwamba Mishinkonke.

 Signalons par ailleurs que cette institution citoyenne d’appui à la démocratie se félicite d’avoir été dotée d’un bâtiment propre à elle et celà après plusieurs plaidoyers auprès des autorités du pays. Toutefois, la CNDH dit être confrontée aux difficultés financières énormes notamment le manque des frais de fonctionnement sur près d’une année budgétaire. Par exemple, pour 2020, la CNDH reconnait n’avoir reçu que 1 mois des frais de fonctionnement sur 12 mois de l’année. Raison pour laquelle un appel est lancé aux autorités du pays pour venir en aide à cette institution d’appui à la démocratie qui joue un rôle important au pays.